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Gilets jaunes : Tribune d’un entrepreneur engagé par Olivier Morin

07 décembre 2018

En tant que Président d'une organisation interprofessionnelle - la CPME, Confédération des Petites et Moyennes Entreprises - représentant les commerçants, les artisans, les industries, les services et les professions libérales, je voulais rappeler avec force :

 

Que ce sont nous, les entrepreneurs avec nos collaborateurs, qui créons les richesses de notre pays.

 

Que ce sont nous, les entrepreneurs, qui créons les emplois. Cela ne se décrète pas. Et nous le faisons en nous développant, par nos innovations, par nos prises de risque et avec notre argent.

 

Dans un monde globalisé, accepté ou subi, dans tous les cas établi, nos petites et moyennes entreprises ne peuvent pas se permettre un blocage de l'économie réelle en cette période cruciale des fêtes de fin d'année.

 

Pour de nombreux commerçants, artisans et leurs collaborateurs, c'est souvent l'année qui se joue en décembre.

 

Il faut rappeler que nos entreprises font face à la concurrence d'Internet. Que nos savoir-faire, nos artisans, nos industries doivent s'adapter pour ne pas disparaître.

 

Comme l'indique notre credo à la CPME, "notre valeur ajoutée c'est l'Homme", nous privilégierons toujours les échanges réels, de proximité, et la vitalité des centres-villes et des centres-bourgs, et disons le clairement le Made In France.

 

Il ne faut pas cependant se voiler la face. Notre monde bouge, évolue à une rapidité folle, sans doute inédite dans l'histoire de l'Homme.

 

Les questions que posent cette transition globale : numérique, énergétique, écologique, du bâtiment durable, de l'éducation, de la santé, de la retraite, de la solidarité... de société in fine, ne peuvent se résoudre politiquement ou dans la rue sans débats, partages, prospectives, perspectives et surtout un cap! L'incitation doit toujours être privilégiée à la contrainte. Comprenez que ce n'est pas avec le bâton que l'âne avance mais avec la carotte.

 


Nous, les entrepreneurs patrimoniaux, sommes particulièrement impactés par ce changement de paradigme et par le grand nombre de taxes et normes en tout genre. La double peine, changer ou mourir, du résultat pour des taxes. Et cela n'est plus tenable.

 

Nous attendons une trajectoire pérenne, soulagée de la pression fiscale pour nous permettre de rester compétitif et de conserver nos talents.

 

Parce que nos jeunes sont nombreux à partir à l'étranger. Australie, Canada, Nouvelle Zélande... ce ne sont plus des effets de mode mais des territoires qui aspirent nos talents.

 

Car ils sont toujours plus nombreux à partir, tout comme les Français sont nombreux à soutenir en tant que citoyen la douleur et le ras-le-bol des territoires ruraux et des classes dites moyennes.

 

Pourquoi ? Pour le carburant ?

Non ! Simple goutte d'essence qui a enflammé l'inquiétude face à demain.

 

Il est nécessaire de rappeler, alors qu'un certain imaginaire collectif réduit le patronat au CAC 40, que 98% des entrepreneurs de notre pays dirigent une entreprise comptant moins de 20 salariés. Ils sont la richesse de nos territoires, acteurs de proximité, indispensables et ils souffrent !

 

Le contrat social nous liant, dirigeants et salariés, dépasse bien souvent le cadre professionnel et nous connaissons bien les souffrances de certains de nos collaborateurs, tout comme nous comprenons aisément ceux qui se retrouvent sur le bord du chemin avec la peur de s’y enliser.

 

Aussi en tant que citoyen et dirigeant d'entreprise, j'en appelle à la responsabilité de toutes et tous pour que la crise majeure que notre pays rencontre soit une formidable opportunité d'en sortir par le haut, avec une exigence de fond et non de forme. Le changement nécessite du temps. Pour comprendre et s'y engager en y donnant du sens et non un aspect contraignant et arbitraire. Nous sommes malheureusement depuis quinze jours dans une zone en dehors du temps. N'est-il pas temps justement de nous reconnecter avec le présent et de nous projeter ensemble ?

 


Nous entrepreneurs et citoyens engagés de la société civile, comptons sur le soutien de toutes et de tous pour préserver les centres-villes, les commerces et les entreprises qui sont le socle du pacte social de notre pays.

 


Olivier MORIN
Président de la CPME Pays de la Loire

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